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  oh, someday... i ain't wasting no more time •• ryōhei kakihara

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message posté (le) Lun 30 Juin - 23:28 dans oh, someday... i ain't wasting no more time •• ryōhei kakihara
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    Yoshi Yamazaki poussa le plus long soupire de son existence, un soupire à réveiller un mort à coup sûr, en entendant les portes du métro se fermer et le transport démarrer. Ce n'était pas spécialement une mauvaise journée -ou une bonne journée d'ailleurs- c'était plus comme une mauvaise habitude de souffler face à ces petites crises de l'existence que sont les transports en commun dans une grande ville en plein été. Un moyen de se décharger de l'odeur de sueur qui y régnait, des peaux moites qui se rencontraient à chaque secousse et du bruit constant qui devenait soudain insupportable sous l'effet de la chaleur, oppressant les oreilles, la tête, la poitrine. Et tous les ans, la même regain recommençait, inlassablement, et tous les ans, la jeune femme vivait le même agacement tout en refusant de quitter la capitale pour retrouver la fraîcheur de l'appartement familial -il y avait là un balcon où l'air était particulièrement frais le matin ou en soirée. Yoshi était beaucoup trop occupée: vous savez à rester vautrée sur le canapé à côté du ventilateur, occuper les consoles de Sasha, enchaîner les scènes minables en espérant devenir la révélation qui secouerait les chroniques de ce siècle ou travailler. Tout un emploi du temps en somme.

    Qui se résumait surtout à travailler en fait; une trentaine d'heures par semaine pour pas grand chose parce que comme disait Maman, la musique et les rêves ça faisaient s'envoler plus haut que les étoiles mais, malheureusement ça ne payaient ni l'eau chaude, ni l'électricité, ni le loyer, ni le contenu du frigo. Alors voilà, Yoshi était une adulte, elle pouvait légalement faire tout un tas de choses qu'elle avait fait bien avant d'en avoir l'âge ce qui faisait qu'elle était maintenant « responsable » et « indépendante ». Cela avait été la plus mauvaise blague de sa vie. Dure réalité.

    Tout en grognant dans sa barbe -inexistante- la rouquine rejoignit péniblement son lieu de travail. C'était un petit café situé à Shibuya, que vous connaissez probablement, celui-là même entre un glacier et un magasin de vêtement juste en face de la station devant lequel vous êtes passés une centaine de fois sans vraiment le remarquer ! Le propriétaire, un jeune trentenaire dynamique, motivé et ambitieux - c'est une façon polie pour ne pas dire tyrannique et maniaque au possible- en a fait un endroit chaleureux et lumineux. Bien que ce ne soit pas très grand, tout y est toujours très propre, les employés y sont pour la plupart souriants et aimables et les pâtisseries y sont plutôt bonnes. Ce n'est pas un établissement extraordinaire mais, il y a pire n'est-ce pas ?

    Et puis, en été, le propriétaire très sensible à la chaleur met la climatisation au maximum et cela devient l'endroit le plus merveilleux à des kilomètres à la ronde ! Yoshi pousse toujours avec la même satisfaction la porte -qui fait sonner un légère clochette- et se fait assaillir par la fraîcheur artificielle. La jeune femme jeta un rapide coup d'œil à la salle: seulement deux clientes et une grand-mère avec son chien mais, ce n'était pas très étonnant vu l'heure. L'après-midi venait à peine de commencer.

    La rouquine resserra sa casquette -qui cachait la majorité de sa volumineuses tignasse- puis, prit la direction du coin employé. Il lui semblait y avoir un peu plus d'agitation que d'habitude mais, c'était sûrement Ayaka-san qui se disputait encore avec Sato-san en cuisine à propos d'un ustensile mal rangé. Ils faisaient toujours un boucan impossible mais, au fond, ils semblaient bien s'aimer. Elle n'y prêta pas plus attention jusqu'à ce que...

    « Tiens voilà Yoshi-san ! »
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message posté (le) Mer 2 Juil - 23:48 dans Re: oh, someday... i ain't wasting no more time •• ryōhei kakihara
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L
a veille au soir, tandis qu'il rangeait ses provisions dans les placards et le frigo après avoir fait les courses, Ryōhei avait reçu l'appel d'un ami de son employeur. Il était troublé : la période estivale battait son plein et l'un de ses serveurs était tombé malade d'une mauvaise fièvre. Ayant entendu parler de sa prestesse, il lui avait demandé si le poste temporaire était susceptible de l'intéresser. Puisqu'il s'était au préalable arrangé avec son supérieur et que les horaires étaient des plus souples, Ryōhei avait accepté. En définitive, il n'y perdait rien et passait de surcroît pour un garçon serviable dans les deux camps.

Dans la salle de repos des employés, en ce début d'après-midi où la clientèle se faisait attendre, le chef cuisinier et quelques membres de sa brigade étaient venus le saluer. L'agréable climatisation dans le café l'avait rendu d'humeur très rieuse et — il regarda la main d'un de ses nouveaux collègues se poser sur son épaule — il s'était parfaitement intégré. Il échangeait plaisanteries et compliments avec ses adjoints, assis autour d'une table, sous le regard béat du dirigeant de l'établissement. Adossé à un mur, il regardait sa montre à chaque instant, sans réellement prendre part aux conversations.
Subitement, il s'exclama, s'attirant toutes les attentions :

- Tiens voilà Yoshi-san !

Une silhouette vide de féminité était dressée à gauche de la porte.

Un peu plus tôt, pendant qu'il enfilait l'uniforme — un tablier noir par-dessus une chemise blanche et un pantalon bleu marine débarrassé de toute excentricité — on lui avait décrit succinctement le quelqu'un qu'il incomberait en tant que charge : une grande gueule, pleine de caractère, à l'allure d'un vrai garçon manqué. Au moins, ils ne lui avaient pas menti, pensa-t-il avec l'esquisse d'un rictus sur ses lèvres. Pouvait-on être aussi... dépenaillé et tranquille dans son relâchement ?

Il décida que cela n'avait pas d'importance réelle, pour l'heure, se leva, revêtit son plus beau sourire et se présenta en faisant la révérence :

- Je m'appelle Kakihara Ryouhei. Je remplace Tsujimura-san jusqu'à son rétablissement.

- Je sais que c'est un peu soudain, mais je compte sur vous pour le guider aujourd'hui. Et la prochaine fois, prenez l'entrée des employés...

Il y eut du bruit, coupant court au blâme du propriétaire : un groupe d'adolescents venait d'entrer dans le café, il leur fallait retourner travailler. L'homme soupira, frappa des mains, pour rappeler son équipe à l'ordre, et s'écria : Allez, la pause est terminée !

La dispersion fut immédiate et Ryōhei sourit malicieusement à son aînée dans le tumulte des mouvements :

- Enchanté de faire votre connaissance, senpai.
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message posté (le) Mar 8 Juil - 20:05 dans Re: oh, someday... i ain't wasting no more time •• ryōhei kakihara
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    Yoshi se tourna en direction du propriétaire, quelque peu inquiète qu'il l'ait l'interpellée de cette façon - c'était souvent synonyme d'une corvée dont personne ne voulait s’occuper et qui retombait sur le dernier arrivé, autrement dit ici elle-même. C'est alors qu'elle remarqua un visage inconnu aux côtés de son patron: un jeune homme, la vingtaine probablement, un beau sourire pendu aux lèvres et qui dégageait ce quelque chose que l'on pourrait appeler du charisme dans son uniforme impeccable.

    « - Je m'appelle Kakihara Ryouhei. Je remplace Tsujimura-san jusqu'à son rétablissement.

    - Je suis Yamazaki Yoshi, enchantée, je... » La rouquine s'inclina, quelque peu déçue par l'absence du dénommé Tsujimura, véritable bout en train et son plus proche collègue en terme d'âge. Le propriétaire la coupa avant qu'elle n'ait le temps d'aller plus loin:

    « - Je sais que c'est un peu soudain, mais je compte sur vous pour le guider aujourd'hui. Et la prochaine fois, prenez l'entrée des employés...

    - Oui, excusez-moi patron. » glissa-t-elle en effectuant une nouvelle courbette tout serrant les dents; peu importe la situation, cet homme tenait toujours autant au bon respect de ses règles en tyran qui se respectait. La vie est injuste, le plus fort gagne toujours et Yoshi avait toujours besoin d'argent pour payer ses factures d’électricité alors elle serrait avec agacement les poings, pestait intérieurement pour afficher l'air le plus poli que sa mère lui ait appris. Heureusement pour elle, le mauvais moment fut de courte durée puisqu'un groupe d'adolescents venait d'entrer bruyamment dans le café, tirant toute la petite équipe de leur brève pause. Le gérant en oublia même la fille Yamazaki dans l'agitation générale.  

    « Enchanté de faire votre connaissance, senpai. » Yoshi reporta son attention sur le garçon au sourire malicieux et éclata de rire - peut-être un peu trop fort, ou juste assez pour s'attirer quelques regards de la part d'un employé ou deux.

    « Pas besoin d'être aussi formel yo ! Erm...J'vais me changer du coup et on fera la tour après ok Kakihara ? » Elle pointa du doigt la porte du vestiaire employée située juste derrière, lui décocha un grand sourire et tourna les talons avant d'attendre la réelle approbation de son interlocuteur.

    Le rouquine se changea rapidement - l'habitude-, troquant ses habits une taille au-dessus pour une chemise et une jupe noire sur laquelle elle tira une dernière fois avant de sortir rejoindre son protégé. Yoshi se sentait toujours gênée avec les jupes -par manque d'habitude- mais, impossible d'extorquer un uniforme masculin du gérant.

    « Désolée pour l'temps! Eh ouais sinon...Là c'est la salle de pause et y a le panneau d'affichage et parfois y a des choses importantes dessus...je crois. Et par là y a eh...la cuisine. Je crois que t'es en salle mais, eh stuveux regarder... ? Ah et ouais si tu veux me demander un truck, hésite pas ! »
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message posté (le) dans Re: oh, someday... i ain't wasting no more time •• ryōhei kakihara
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